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mardi 21 février 2017

Un arbre en hiver


Psaumes 19.1 "Les cieux racontent la gloire de Dieu et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains."
Romains 6.4-5 (PVV) "Nous avons reçu une nouvelle vie et nous sommes appelés à mener notre existence sur un plan nouveau. Car nous sommes devenus un seul et même être avec Christ. Nous lui avons été incorporés-comme le greffon à son porte- greffe. Si donc nous avons été implantés en sa mort pour mourir avec lui, nous le serons aussi en sa résurrection pour revivre comme lui."
Introduction
C'est étrange, un arbre, en hiver, il semble mort immobile, sombre et décharné. Subissant sans broncher les assauts hostiles du vent, du froid, de la pluie et de la neige aussi.
Au printemps, il exulte. Ses bourgeons éclatent, il se pare de mille feuilles, de bourgeons et de fleurs. Mais l’hiver, que fait-il ?
Un arbre en hiver peut ressembler à un arbre mort ; mais qu’on ne s’y trompe pas, il n’est pas mort et il ne dort même pas !
En fait, il se passe maintes choses à l’intérieur d’un arbre en hiver !
  
D'une certaine façon, il compte les jours... Car aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’arbre a besoin d’être exposé un certain nombre de jours au froid pour finalement pouvoir revivre.
Alors que fait un arbre en hiver ?
Essentiellement, il lutte contre le froid ambiant et les vents contraires....
Et pour remplir cette mission, il ralentit sa croissance et se protège, allant même jusqu’à former des écailles là où naîtront les futures pousses feuillées, leur faisant comme un nid douillet d’où elles pourront éclore sans crainte, lorsque les beaux jours seront revenus.
Parallèlement, l’arbre ne fait pas seulement le dos rond contre le froid,  il oppose aussi à celui-ci une résistance dont il a le secret.
Car du plus profond de ses gènes, il enclenche certains processus destinés à faire échec au gel.
Pour résumer, pendant l'hiver, trois grands mécanismes se mettent en place dans les arbres :
·         La phase de repos où la croissance est limitée afin d'éviter le gel.
·         La phase de protection et de résistance au froid.
·         La phase de réparation des vaisseaux transporteurs de sève brute, endommagés par le froid.
Offrir le moins de prise au froid, le repousser de toutes ses forces et, si besoin, panser ses plaies : voilà ce que fait un arbre l’hiver.
À le voir terne et dépouillé, figé sous la glace et battu par les vents, on ne le croirait jamais.
C’est pourtant à cette condition qu'il résiste, car contrairement aux hommes et aux animaux, il reste continûment exposé au froid sans nul endroit où se mettre à l’abri.
Car, si l'un des processus est perturbé, c’est l’éclosion des bourgeons, la floraison et la production de fruits qui s’en trouvent compromis.
Comme le dit l'apôtre Paul dans 1 Corinthiens 11.14, la nature a beaucoup à nous enseigner, non seulement parce que c'est Dieu qui l'a créée, mais aussi parce qu'elle est un livre ouvert qui parle en paraboles des œuvres de Dieu.
Spirituellement, l'arbre a donc beaucoup à nous apprendre de ses stratégies hivernales qu’il déploie, si nous voulons comme lui porter du fruit à la gloire de Dieu.
Comme l'a dit l'Ecclésiaste 3.1 "Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux.", il y a des printemps pour semer, des étés pour arroser, des automnes pour moissonner et il y a aussi des hivers.
Et nos prières aussi ferventes soient-elles ne pourront changer le cours des saisons.
De la même façon, certaines circonstances ont été prévues par Dieu afin que nous les traversions, et non pour que nous les évitions.
Que nous apprécions ou non ces saisons, il nous faut apprendre à les appréhender de la meilleure façon qui soit et à tirer les meilleures leçons spirituelles.
Beaucoup voudraient changer le monde sans même penser ou accepter de devoir commencer par changer eux-mêmes.
Mais celui qui veut apprendre la sagesse doit traverser avec courage les difficultés qui se présentent lorsqu'il s'avère impossible de les écarter de son chemin.
Si on ne peut accélérer le temps pour passer à une saison plus favorable, si on ne peut pas faire disparaitre les épreuves malgré nos prières, nous pouvons cesser de nous agiter, nous asseoir et écouter Dieu qui veut nous enseigner, nous apprendre la patience, la constance, la persévérance et la confiance lorsqu'on accepte de se reposer avec foi sur lui.
Si nous prenons le temps d'observer la nature et de réfléchir, nous constaterons que tout comme les arbres profitent de l'hiver pour refaire leurs forces et se préparer à la production des fruits à la saison suivante, nos réussites ont lieu à certaines périodes, suivant un cycle précis de développement et d'épanouissement avant d'affronter un temps d'épreuve et ainsi de suite.
Romains 8.28 "Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui  aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein."
Ainsi chaque saison de notre vie a un rôle à jouer dans notre croissance.
Si Dieu ne nous permet pas de porter du fruit sans cesse, c'est qu'il a de bonnes raisons.
Alors, comme le dit l'apôtre Paul dans 2 Corinthiens 4.16-17 (PDV) "Ne soyons pas découragés, même si notre corps s’use petit à petit, car ce qui est au fond de nous devient chaque jour nouveau. Oui, nos souffrances actuelles sont légères et durent peu de temps, mais elles nous préparent une gloire extraordinaire. Cette gloire dure toujours et elle est beaucoup plus grande que nos souffrances."
Si Dieu permet à un vent glacial de balayer les arbres en hiver, c'est pour mieux  les préparer à produire de nouveaux bourgeons dès le printemps revenu.
De la même façon : "Vous le savez, si votre foi reste solide dans les difficultés, celles-ci vous rendent plus résistants. Il faut que vous résistiez jusqu’au bout, alors vous serez vraiment parfaits et vous ne manquerez de rien." Jacques 1.3-4 (PDV)
1. L'hiver, un temps de repos.
Charles Spurgeon a dit : "Même l'océan se repose entre les marées, la terre se repose pendant les mois d'hiver, et l'homme doit se reposer ou s'écrouler, éteindre sa lampe ou se laisser consumer. Nous accomplissons parfois davantage en nous reposant."
Tout comme l'arbre se repose pendant l'hiver, nous devons apprendre à nous reposer.
Ne vous y trompez pas : se reposer n'est pas mourir ni dormir, c'est-à-dire sombrer dans l'apostasie. Se reposer, c'est apprendre à faire entièrement confiance à Dieu, donc grandir dans la foi, c'est aussi entrer dans une phase d'introspection profonde et de remise en question, dans une phase de contemplation et d'écoute où l'on se recentre et se concentre sur Dieu, plutôt que d'agir et de s'agiter comme si on brassait de l'air ou courrait à l'aventure...
Se reposer en Dieu, c'est aussi apprendre la patience et la persévérance au sein des épreuves, se fortifier et s'aguerrir en affrontant le froid ambiant et les vents contraires sans broncher ni perdre espoir.
Attention !  Au sein de l'hiver glacial et cruel, certains pourraient être tentés de précipiter les évènements en prenant des décisions lourdes de conséquences basées sur d'éphémères situations. Ils pourraient baisser les bras et se laisser emporter à tous vents, se laisser déraciner ou mourir de froid !
Le danger est bien présent, c'est pourquoi nous devons veiller, prier et nous accrocher fermement au rocher de notre salut : le Christ.
Demeurant debout dans l'adversité, espérant contre toute espérance, nous devons croire qu'après l'hiver revient toujours le printemps.
[Au beau temps les brebis courent dans les verts pâturages, mais en hiver elles s'agglutinent dans la bergerie et dépendent encore plus de leur berger qui prend soin d'elles, les tient à l'abri et leur donne du foin et de l'eau chaque jour.]
Prenons le temps d'attendre avec foi, comme l'arbre qui compte ses jours.
Souvenons-nous que la patience et la confiance vont de pair et que nous ne pouvons pas faire confiance à Dieu si nous le connaissons mal.
Voilà pourquoi nous devons apprendre à mieux le connaitre en plongeant profondément nos racines dans sa parole et en nous abreuvant de son Esprit par la prière.
Contrairement à la partie aérienne, les racines des arbres ne passent par une période de "dormance" hivernale.
Anecdote de Ravi Zacharias au sujet des racines :
Il y a quelques années, alors que nous vivions encore en Angleterre, une violente tempête s'abattit sur le pays.
Des milliers d'arbres furent déracinés en une nuit.

Quelques jours plus tard, nous nous promenions aux alentours du palais de Buckingham quand ma femme remarqua quelque chose de très intéressant.
Les arbres couchés sur le sol étaient imposants par leur hauteur et par le diamètre de leur tronc, mais leurs racines étaient très peu profondes.
Frappés par cette disproportion entre la hauteur des arbres et la faible profondeur des racines, nous avons échangé quelques réflexions, mais nous n'étions pas suffisamment compétents en arboriculture pour expliquer ce phénomène.
De là, nous avons rendu visite à des amis et leur avons fait part de notre surprise de voir des arbres gigantesques avec des racines si courtes.
Nos amis nous en expliquèrent la raison : la nappe phréatique étant presque à fleur de sol, les arbres n'avaient pas besoin d'aller chercher de l'eau en profondeur.
Leurs racines restaient en surface, ainsi bien qu'ils avaient une apparence solide et stable, ils étaient incapables de résister aux coups de vent violents.

Ce fut une leçon pour nous-mêmes :
Il ne suffit pas d'avoir des racines ; il faut qu'elles s'étendent en profondeur.

Mais comment faire pour que nos racines plongent profondément et que nous puissions résister aux tempêtes qui cherchent à nous arracher à Dieu ?

 
Notre adoration est la racine qui nous confère de la stabilité ; mais si notre adoration est superficielle, nous aurons beau avoir une prestance enviable, nous serons facilement déracinés par les multiples activités de la vie quotidienne et par l'égarement de nos pensées.
Aussi longtemps que nous n'aurons pas correctement redéfini l'adoration et que nous ne l'aurons pas remise à sa juste place dans notre vie quotidienne, notre cœur continuera de crier sans trouver d'apaisement et les bras tendus de Dieu ne rencontreront jamais les nôtres.
Fondamentalement, adorer Dieu, c'est lui donner ce que nous avons de meilleur.
L'adoration répond au problème de la culpabilité, car le coupable implore le pardon dans une attitude empreinte de respect.
L'adoration transcende la satisfaction que procure le plaisir car celui-ci à ses limites et finit par lasser.
L'adoration canalise nos émotions qui ont besoin d'être maîtrisées et nourries par la vérité.

L'adoration nous impose de connaitre Dieu, car nous devons nous approcher de lui selon ses conditions, celles du Père Saint.
L'adoration combat le sentiment de solitude, car celui-ci ne peut être supprimé par l'amour seulement.
Il n'y a que l'adoration qui puisse satisfaire toutes nos aspirations, voilà pourquoi elle est la plus noble expression de notre vie, la racine qui la nourrit et lui fait porter des branches et des fruits.

Alors au cœur de l'hiver pourrions-nous nous arrêtez un instant et réfléchir à l'état de nos racines ?
Lui donnons-nous le meilleur de notre temps ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos forces ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos pensées ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos biens matériels ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos ambitions et de nos projets ?
Ou bien est-ce au monde que nous réservons ce que nous avons de meilleur et à Dieu les restes ?" 

2. Résister au sein de l'hiver
Si les arbres ont besoin d'être profondément enracinés pour résister aux vents glacés de l'hiver, ils ont aussi besoin de résister au froid, qui pourrait exploser leurs cellules, casser leurs rameaux, ou fissurer leur tronc et finirait par les faire mourir pour de bon…
En hiver, plus que de se reposer, l'arbre ne reste donc pas passif ; mais il entre dans un temps où il s'aguerrit contre les attaques extérieures, où il résiste aux vents et au froid et se protège de leurs agressions.
Dans Matthieu 7.25, Jésus explique à ses disciples que les êtres humains, chrétiens ou pas, sont tous exposés un jour ou l'autre aux pluies et aux vents contraires.
Mais une différence demeure entre ceux qui obéissent à la parole de Dieu et ceux qui ne la mettent pas en pratique : les uns demeurent debout dans l'adversité, solides comme le roc sur lequel ils ont fondé leur vie, alors que les autres connaissent la chute et la ruine.
Donner notre vie à Christ et lui obéir ne nous épargnera pas des épreuves, mais au sein même des tempêtes, il est notre bouclier ; et notre foi en lui nous évitera d'être déracinés et de chuter.
Proverbes 13.12 "Un espoir différé rend le cœur malade, mais un désir accompli est un  arbre de vie."
Dieu n'est pas seulement celui qui nous console par des promesses qui peuvent tarder, il est aussi celui qui nous aide et qui vient concrètement à notre secours dans l'attente.
Dieu ne parle pas seulement, il agit aussi. Avec Dieu, aucune situation n’est jamais sans espoir.

Par la prière nous pouvons nous approcher du trône céleste, et jeter tous nos fardeaux aux pieds du Dieu tout puissant.
De plus, nous pouvons nous accrocher à lui dans toutes nos épreuves.
Son amour infini fournira la force à notre corps fatigué, la paix à notre esprit tourmenté et le réconfort à notre cœur attristé.
Christ est la lumière qui éclaire nos sombres hivers et nous guide avec tendresse vers des printemps prometteurs.
Les vents et le froid peuvent s'abattre sur nous, ils ne feront qu'émonder nos branches mortes, mais ne nous abattront pas !
Ravi Zacharias a dit:
"Dieu veut nous entrainer plus loin que simplement nous faire admettre nos limitations et sa grandeur ; il veut nous faire comprendre que lui qui a conçu un projet si ambitieux pour le monde qu'il a fait surgir du néant et revêtu de beauté, est aussi capable de faire sortir un chef d’œuvre des épreuves qui nous frappent. Celui qui gère le vaste projet de la création nous aide à faire face à la souffrance. Il n'est pas seulement le créateur et l'architecte de nos vies, il est aussi le Dieu de la révélation et de la consolation."
Et Christine Caine a dit : "Dieu nous émonde quand il est sur le point de nous emmener dans une nouvelle saison de croissance et d'expansion."
  
Non seulement Dieu est notre protecteur face aux attaques ennemies, mais il est aussi celui qui nous rend plus forts.
Face aux vents contraires et aux froids de l'hiver, il ne veut pas que nous soyons passifs.
Il n'agit pas toujours comme un père protégeant son nourrisson, il est aussi un pédagogue qui souhaite nous apprendre à faire face aux dangers et à saisir les armes de la foi pour nous défendre.
Dieu fait sa part, mais nous devons aussi faire la nôtre !
Notre résistance ne consiste pas à nous cacher ni à nous calfeutrer contre les épreuves et l'adversité, mais à les défier avec l'aide de Dieu, qui nous fortifie et nous rend vainqueurs.
 Jacques 4.7 "Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous."
1 Pierre 5.9 "Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont  imposées à vos frères dans le monde."
En son temps, l'apôtre Paul a exhorté les éphésiens à ne pas se laisser emporter à tous vents de doctrines, mais à croître dans l'amour et la connaissance de Christ, auquel nous sommes solidement attachés. (Ephésiens 4.14-16)
Dieu ne nous met pas à l'abri en dehors du monde, mais il nous envoie comme des brebis au milieu des loups, il ne nous cache pas dans un havre de paix à l'abri des vents et du froid, mais il nous expose aux rudes hivers pour que nous nous enracinions toujours plus en lui, pour que nous nous fortifions et croissions solides et forts grâce à lui !
Anecdote
Un jour que je cherchais à m'isoler du monde pour rechercher la face de Dieu dans la nature, j'étais allé me promener dans la forêt et commençai à prier dans le silence de ces lieux.
Très  vite, je fus dérangé par le bruit d'un moteur d'ULM qui semblait tourner exprès au-dessus de ma tête pour troubler ma communion avec Dieu.
Agacé, je marchai pendant quelques minutes à la recherche d'un endroit plus calme, lorsque soudain Dieu me poussa à regarder de plus près un immense chêne qui se dressait devant moi.
Je m'approchai et vis que sur son tronc étaient gravés des initiales et des cœurs.
Dieu me parla alors en ces termes:" Regarde cet arbre immense, des gens ont misé leur éternité sur lui, mais lève les yeux et regarde!"
Je levai les yeux vers le ciel et m’aperçus que cet arbre avait été frappé par la foudre et qu'il était brisé nettement en plein milieu.
Rebaissant les yeux je vis des petites pousses d'arbres qui étaient écrasées à son pied, par une immense branche brisée qui pendait lamentablement jusqu'au sol.
Dieu me dit alors: "Ne sois jamais comme ces petits arbres qui se croyaient à l’abri du gros pour pousser. La tempête est venue, l'arbre a été foudroyé et brisé et ceux qui se tenaient dans son ombre sont morts à son pied. Ne sois jamais non plus ce gros arbre sur lequel les hommes misent leur éternité."
Dieu me demanda d'avancer encore plus loin et je me retrouvai face à une colline d'herbes vertes.
Dieu me dit: "Regarde cet arbre sur le sommet de la colline!"
Il y avait en effet un arbre seul au sommet de la colline. On aurait dit que tout avait été déboisé et qu'on l'avait oublié...
Dieu dit alors: "Sois cet arbre, sur le sommet de la colline sur lequel se déchaînent vents et pluies. Il est seul certes mais il s'enracine profondément et solidement pour affronter les tempêtes. La forêt a été dévastée mais il a été épargné et il est toujours aussi vert...."
3.  La phase de réparation
Qui aurait pensé trouver le repos, la force et la solidité au sein de l'hiver ?
Qui aurait pensé que l'œuvre de la charrue qui retourne la terre gelée, et le sécateur qui taille les branches mortes pouvaient apporter en son temps une riche récolte ?
Dieu peut-il tirer du bien d'un mal passager ?
La douleur de nos épreuves, ce qui nous blesse et nous chamboule pourrait-il avec le temps nous apporter de riches et profondes bénédictions?
N'en doutez pas ! L'hiver est un temps de ressourcement et de préparation par Dieu.

Comme au moment de la chute des fleurs, la vigne perd son éclat pour porter du fruit, comme elle semble morte, lorsque ses fruits sont coupés, nos grandes victoires sont souvent suivis de passages à vide, voir d'échec.
Cela nous rend humbles et nous rappelle à notre nature humaine, faible et entièrement dépendante de Dieu.
Si nous avons tendance à croire que la vie chrétienne est uniquement faite de bénédictions, de joies et de succès, nous pourrions nous laisser surprendre par l'hiver.
Mais le Seigneur nous rappelle à la réalité de la vie sur cette terre et nous demande aussi de nous arrêter et de nous reposer dans sa présence pour nous ressourcer.
Nous avons réellement besoin de ces temps de repos au cœur même de l'adversité, pour que notre vie soit harmonieuse, pleine et productive.
Alors, comme les arbres en hiver, Dieu nous met apparemment à nu et "hors service" pour un temps, pour que nous apprenions que les feuilles, les fleurs et les fruits que nous portons ne nous appartiennent pas, et que ce ne sont pas aux bénédictions ni à nos talents que nous devons nous accrocher mais à Dieu seul.
Ne soyons pas découragés comme si ces périodes de mise à l'écart hivernales étaient inutiles. Dieu se sert aussi du froid et des vents car ils sont essentiels à notre enracinement, à notre affermissement et à notre humilité.
Comme les arbres, nous sommes vivifiés par l'hiver, car Dieu l'a institué pour que nous puissions nous restaurer en lui.
Psaumes 23.3 "Il restaure mon âme..."

Si notre vie active pendant les trois saisons précédentes a provoqué des fatigues, des blessures, des déceptions qui nous empoisonnent, Dieu veut nous guérir avant le prochain printemps, afin que nous puissions repartir plus légers et être plus efficaces.
1 Pierre 5.7 "Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous."
Pour la vigne, comme pour les arbres, on choisit le moment de l'arrêt de la sève pour les tailler. De la même façon, Dieu choisit aussi pour nous des moments propices pour couper des parties de notre vie : c'est l'hiver spirituel.
Cela peut paraitre paradoxal de devoir tailler des branches alors que nous parlons de réparation de l'arbre ; mais c'est une réalité.
Avant de soigner, il faut se débarrasser des branches malsaines, mortes ou inutiles.

Jean 15.2 "Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit."
Émonder en grec se dit "kathairos" et signifie : purifier, nettoyer, enlever les impuretés, enlever les pousses inutiles, purifier par le feu, libérer des désirs corrompus du péché, de la culpabilité.
Par l'émondage, Dieu nous met à nu, non pas une seule fois dans notre vie mais de manière cyclique ; pour notre bien, mais aussi pour que nous portions toujours plus de fruit et du fruit de qualité !
Un arbre qui ne porte pas de fruit, on l'arrache et on je jette au feu ; mais un arbre qui porte du fruit, on en prend soin et on le taille pour qu'il porte encore plus de fruits succulents, faisant la joie de son propriétaire.
Une fois débarrassé de ces branchages inutiles, l'arbre passe à la phase de réparation des vaisseaux transporteurs de sève endommagés, grâce à un appel d'eau et de sucre.
De la même façon, Dieu est celui qui nous console et panse nos blessures par l'eau de sa parole et l'action de son Esprit dans nos vies.
Psaumes 147.3 "L'Eternel guérit ceux qui ont le cœur brisé, et il panse leurs blessures."
Conclusion
A tous ceux qui croient, à tort, que l’hiver est une saison morte, vous pourrez désormais dire que si le calme règne dans les forêts, si certains animaux hibernent, que les arbres, dépouillés de leurs feuilles, semblent dormir, que les fleurs et les fruits ont disparu et que les champs sont délaissés, il n’en demeure pas moins que tout n’est pas mort ni endormi, car Dieu agit en toutes saison, que ce soit de façon visible ou invisible à nos yeux : Il agit au cœur des racines et des troncs, dans les branches des arbres, autant que dans les cœurs et les âmes de ses enfants.
Si la nature s’accorde une pause en hiver, pour se régénérer, nous devons aussi parfois ralentir notre course pour apprendre à nous reposer sur Dieu, pour nous fortifier, nous enraciner plus profondément et nous restaurer.
Apprenons à marcher au rythme de Dieu,  sans courir lorsqu'il faut se reposer, et sans dormir lorsqu'il faut veiller !
La nature est un livre ouvert, une parabole nous enseignant qu'il y a un temps pour toutes choses sous les cieux.
Si l'hiver est un moment crucial du cycle biologique, nous ne devons pas chercher à le fuir.
S'il oblige la nature à créer des possibilités pour vaincre les adversités du gel, de la neige et des prédateurs, il doit aussi nous donner des leçons de survie spirituelle importantes.
Même si l’œil humain ne décèle pas d’activité en surface, n'oublions pas que les forêts et les champs n’en abritent pas moins, dans leurs profondeurs, une transformation qui prépare les organismes à la venue du printemps.
Alors gardons espoir, Dieu agit dans l'invisible et transforme imperceptiblement nos vies, jours après jours, par tous les évènements heureux ou difficiles que nous devons traverser.
Si nous demeurons en lui, les saisons se succèderont jusqu'à la fin de notre vie, nous apportant une croissance et une maturité dans la grâce et la sainteté toujours plus grande.
Message prêchè par Xavier le 19 février 2017 à la Ciotat 

jeudi 16 février 2017

Tempête

2 CHRONIQUES 20.12

S’il vous est arrivé d’être en compagnie d’autres gens lors d’une tempête, vous savez que tous n’y réagissent pas de la même manière.
Imaginez‑vous une fête à l’extérieur.
Les invités s’amusent, mais soudain, le vent se lève.
Le temps se rafraîchit, le ciel s’assombrit et l’on pressent de la pluie.
Chacun se dépêche de chercher refuge à l’intérieur.
Comme la dernière personne entre, une pluie diluvienne se met à tomber.
Les gens se réunissent alors en groupes dont l’un se tient à la fenêtre, ébloui par le spectacle qui s’offre à lui. Sur le canapé, des personnes se pressent les unes contre les autres ou se bouchent les oreilles; quelques‑unes sursautent au bruit du tonnerre.
Enfin, un autre groupe discute, indifférent à l’orage.

Ce tableau ne représente‑t‑il pas les réactions diverses des gens aux tempêtes de la vie?

Notre façon de réagir à nos difficultés peut produire de grands effets plus tard.
Certains ont une réaction saine aux épreuves et s’en tirent plus forts, tandis que d’autres sont brisés.
Notre concept de Dieu détermine ces réactions.
Si, pour nous, il est un Père aimant, nous comprendrons que ses desseins sont les meilleurs même si, pour un temps, le processus est laborieux.
Par contre, si nous le voyons comme un obstacle à l’atteinte de nos objectifs, nous pourrions ne pas récolter les bénédictions qu’il nous a réservées.
Les tempêtes de la vie sont inévitables.
La chose la plus sage à faire quand on doit en traverser une consiste à crier à Jésus.

Choisirez‑vous de vous confier en lui et de vous soumettre à ses voies?

Magazine en Contact
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mercredi 15 février 2017

Citations



"Nous devenons agités parce que nous cessons de regarder à Christ. Lorsque quelqu'un communie avec Jésus-Christ, la perplexité disparaît, et sa seule préoccupation est de demeurer en lui." Oswald Chambers

"On ne peut excuser la rébellion. Les gens qui fuient le Seigneur disent souvent : « Je sais que c’est ce que Dieu dit, mais… » Le Tout‑Puissant ne s’intéresse ni à nos prétextes ni à nos ambitions égoïstes. Il veut que nous lui obéissions. Il a ses raisons pour demander au croyant d’agir de telle manière, et ses desseins sont toujours bons. Le Seigneur ne change pas son plan pour l’adapter à nos objectifs. Il se sert plutôt des événements, des gens et des incitations du Saint‑Esprit pour nous amener à suivre sa volonté. Obéissons‑lui de bon cœur, pour notre bien. Il est possible que nous n’aimions pas la tâche qu’il nous assigne, mais s’il le veut ainsi, c’est qu’elle vaut la peine qu’on l’accomplisse." Magazine en Contact

"Vous associer à Dieu exige des ajustements majeurs dans votre vie afin qu'il puisse accomplir sa volonté à travers vous. Lorsque vous savez ce que Dieu a dit et ce qu'il s'apprête à accomplir, lorsque vous aurez effectué les modifications qu'il demande dans votre vie, alors il reste encore une réponse nécessaire à lui faire. Pour voir Dieu à l'œuvre en vous et à travers vous, il faut lui obéir. Si vous lui obéissez, il accomplira son œuvre à travers vous et vous arriverez à le connaître par expérience personnelle."

"L'obéissance représente la manifestation extérieure de notre amour pour Dieu. La récompense de l'obéissance et de l'amour est qu'il se révèle à nos yeux. Si donc vous avez un problème d'obéissance, vous avez aussi un problème d'amour, car Dieu est amour et sa volonté est toujours ce qu'il y a de meilleur. Puisque Dieu connaît tout, ces conseils sont toujours justes."

" Les situations difficiles sont le terrain idéal pour l'éclosion de talents qui, en temps de prospérité, seraient restés dans un état de léthargie." Homère

"La beauté de la Bible grandit à mesure que nous grandissons dans sa compréhension."
Johann Wolfgang von Goethe

"L'esprit de plainte est né d'une réticence à faire confiance à Dieu aujourd'hui. Comme les Israélites, cela signifie que vous dépensez votre temps à regarder en arrière vers l' Égypte ou à vous focaliser sur l'avenir, tout en manquant ce que Dieu fait en ce moment." Priscilla Shirer

Double fertilité
Proverbe 12.12 "La racine des justes est productive."
Psaume 92.14 "Ils porteront des fruits encore dans la blanche vieillesse, ils seront pleins de sève, et verdoyants."
À l’origine, Dieu a établi un cycle pour former la couverture végétale de la terre et ainsi assurer la reproduction des espèces. "Dieu dit : Que la terre produise l’herbe, la plante portant de la semence, l’arbre fruitier produisant du fruit selon son espèce, ayant sa semence en soi sur la terre. Et il fut ainsi."  (Genèse 1.11).
En même temps, il a fait en sorte que cette perpétuation entraîne aussi leur diversification.
Les botanistes le savent et en tirent profit pour créer des variétés nouvelles par sélection, hybridation ou greffage.
La reproduction naturelle des plantes se fait généralement par la semence contenue dans le fruit.
Souvent pourtant, s’y ajoute la reproduction par les racines (orties), les tubercules (pommes de terre) ou les tiges (fraisiers).
Ainsi la nature utilise fréquemment les deux modes de reproduction pour assurer une productivité maximale.
L’enseignement qu’on peut en tirer nous amène aux deux versets cités en tête.
Porter du fruit, selon la Parole, c’est laisser l’Esprit Saint nous remplir et agir en nous de telle sorte que nous manifestions les caractères de Christ.
C’est le fruit aux sept aspects mentionné en Galates 5.22.
L’arrivée du fruit est précédée d’un long processus qui n’est pas spectaculaire.
Il faut apprendre le Christ pour lui ressembler.
Le but du fruit n’est pas seulement de rassasier celui qui le mange, mais fondamentalement de produire la graine pour la reproduction.
Ces deux buts correspondent à la mission du croyant : Donner satisfaction au Seigneur et amener d’autres personnes à Jésus Christ (Jean 1.42-43).
Le fraisier est astucieux, car pour parer à l’effet destructeur de la cueillette des fruits, il pousse des tiges appelées stolons, qui formeront de nouvelles plantes.
Si nous sommes "enracinés et fondés dans l’amour " Ephésiens 3.18), notre vie entière sera fertile, aussi bien par un fruit visible que par l’expansion de notre témoignage.
Oui, « la racine des justes est productive », bien que cela ne soit pas toujours visible.

Josette Risnes-Peuch
 
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lundi 6 février 2017

La passion de le servir


2 CORINTHIENS 11.22‑31

La description des épreuves de Paul dans 2 Corinthiens 11.22‑31 est remarquable pour deux raisons.
D’abord, il a beaucoup souffert pour sa foi. Ensuite, il a refusé de s’apitoyer sur son sort.
Paul était prêt à payer le prix pour servir Christ avec passion.
Son engagement nous enseigne des leçons de foi.

1. Nous servons selon la volonté de Dieu et non la nôtre.
Sur le chemin de Damas, Jésus a révélé à Paul : « On te dira ce que tu dois faire » (Actes 9.6).
Au lieu de choisir le service qui nous convient, nous devons chercher à connaître ce que Dieu nous demande. Nous avons besoin de courage pour nous engager à lui obéir en tout; dans le cas contraire, nous fixons des limites à notre soumission.

2. Nous le servons selon nos dons, non selon nos talents.
Dieu nous accorde des dons spirituels pour que nous le servions là où il nous appelle.
Nos talents peuvent être utiles à son œuvre, mais ses dons nous permettent d’y réussir.
Paul n’était pas un prédicateur convaincant grâce à ses aptitudes naturelles.
En réalité, quand il les comparait au fait de connaître et de servir Christ, il les trouvait vaines (Philippiens 3.4‑9).

3. Nous devons nous concentrer sur Dieu et non sur notre travail.
Paul s’est toujours centré sur Christ, et c’est là où de nombreux chrétiens échouent.
Ils ne pensent qu’aux horaires, aux responsabilités et aux honneurs, et ils oublient leur vrai but : évangéliser les non‑croyants.
Faire « l’œuvre de Dieu » peut flatter l’ego, mais cela épuise le corps.
Si nous servons le Seigneur en faisant usage des dons qu’il nous a accordés, notre service sera satisfaisant, même s’il est difficile.

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dimanche 5 février 2017

Qui est serviteur de Dieu ?


TITE 2.11‑15
Posez la question au pratiquant moyen, et il vous indiquera sûrement son pasteur, tout en ne considérant pas le fait qu’il en est lui‑même un.
Les chrétiens pensent qu’il existe deux catégories de serviteurs : ceux qui travaillent à temps plein dans l’œuvre et les laïcs. 
Or, la Bible ne fait pas cette distinction. 

Paul rappelle plutôt aux Éphésiens que Dieu a sauvé les croyants pour qu’ils le servent (Éphésiens 2.10).
Si nous n’avions pour seule raison de servir Dieu que la gratitude résultant de notre salut, ce serait déjà assez.
Il nous a tirés des tourments sans fin, et il nous a accordé la vie éternelle et la présence du Saint‑Esprit en nous.
Par notre service, nous reconnaissons que le Père a envoyé son Fils nous racheter.
Nous n’avons pas le droit de lui refuser nos biens ou notre temps.
Beaucoup de personnes, y compris des chrétiens, servent le « moi ».
Qu’est-ce qui « me » plaît?
Qu’est-ce qui « me » convient?
Qu’est-ce qui « me » rend heureux et prospère?
Quand un pasteur lance un appel à l’aide, de nombreux fidèles pensent qu’il s’adresse à leur voisin parce que « moi » est occupé.
Voici une dure vérité : Si « moi » est mon maître, je suis idolâtre.
Tout ce à quoi j’accorde la première place plutôt qu’à Dieu est une idole.
Le service n’est pas optionnel.
Dieu nous demande de le servir pour que nous nous investissions dans une cause : le salut des non‑croyants et leur formation de disciple.
Notre travail peut nous sembler insignifiant et nos limites, importantes, mais nous sommes des serviteurs à qui Christ a confié un rôle dans son royaume.

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vendredi 3 février 2017

Enracinés



Il y a quelques années, alors que nous vivions encore en Angleterre, une violente tempête s'abattit sur le pays.
Des milliers d'arbres furent déracinés en une nuit.
Quelques jours plus tard, nous nous promenions aux alentours du palais de Buckingham quand ma femme remarqua quelque chose de très intéressant.
Les arbres couchés sur le sol étaient imposants par leur hauteur et par le diamètre de leur tronc, mais leurs racines étaient très peu profondes.
Frappés par cette disproportion entre la hauteur des arbres et la faible profondeur des racines, nous avons échangé quelques réflexions, mais nous n'étions pas suffisamment compétents en arboriculture pour expliquer ce phénomène.
De là, nous avons rendu visite à des amis et leur avons fait part de notre surprise de voir des arbres gigantesques avec des racines si courtes.
Nos amis nous en expliquèrent la raison : la nappe phréatique étant presque à fleur de sol, les arbres n'avaient pas besoin d'aller chercher de l'eau en profondeur.
Leurs racines restaient en surface, ainsi bien qu'ils avaient une apparence solide et stable, ils étaient incapables de résister aux coups de vent violents.
Ce fut une leçon pour nous-mêmes : il ne suffit pas d'avoir des racines ; il faut qu'elles s'étendent en profondeur.
Mais comment faire pour que nos racines plongent profondément et que nous puissions résister aux tempêtes qui cherchent à nous arracher à Dieu et nous ramener dans le temporaire et le profane ?
Notre adoration est la racine qui confère la stabilité ; mais si notre adoration est superficielle, nous aurons beau avoir une prestance enviable, nous serons facilement déracinés par les multiples activités de la vie quotidienne et par l'égarement de nos pensées.
Aussi longtemps que nous n'aurons pas correctement redéfini l'adoration et que nous ne l'aurons pas remise à sa juste place dans notre vie quotidienne comme dans la vie communautaire, notre cœur continuera de crier sans trouver d'apaisement et les bras tendus de Dieu ne rencontreront jamais les nôtres.


"Dans l'adoration, toutes nos facultés convergent vers un seul objectif. Elle est donc en quelque sorte ce qui lie tous les aspects de notre vie et leur donne une cohérence. Conscience, pensée, imagination, cœur et volonté sont unis dans l'adoration. Amour, respect, sacrifice, motivation, vérité et obéissance sont offerts à celui qui nous a créés, celui seul qui peut apporter l'unité dans la diversité selon laquelle il nous a façonnés." Ravi Zacharias

"L'adoration répond au problème de la culpabilité, car le coupable implore le pardon dans une attitude empreinte de respect. L'adoration transcende la satisfaction que procure le plaisir car celui-ci à ses limites et finit par lasser. L'adoration canalise nos émotions qui ont besoin d'être maîtrisées et nourries par la vérité.
L'adoration nous impose de connaitre Dieu, car nous devons nous approcher de lui selon ses conditions, celles du Père Saint. L'adoration combat le sentiment de solitude, car celui-ci ne peut être supprimé par l'amour seulement. Il n'y a que l'adoration qui puisse satisfaire toutes nos aspirations, voilà pourquoi elle est la plus noble expression de notre vie, la racine qui la nourrit et lui fait porter des branches et des fruits.
L'adoration va de pair avec la vie. Le sacré et le profane se rencontrent. Notre cri rejoint celui de Dieu." Ravi Zacharias


"Fondamentalement, adorer Dieu, c'est lui donner ce que nous avons de meilleur. Cela ne peut pas se faire sans le sacrifice de l'estime et de l'adulation du monde. Arrêtons-nous un instant et réfléchissons aux sacrilèges que nous commettons journellement :
Lui donnons-nous le meilleur de notre temps ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos forces ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos pensées ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos biens matériels ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos ambitions et de nos projets ?
Ou bien est-ce au monde que nous réservons ce que nous avons de meilleur et à Dieu les restes ?" 

Ravi Zacharias

Extraits du livre "Les cris du cœur" de Ravi Zacharias
 
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jeudi 2 février 2017

Citations


 "Dieu nous a créé de sorte que nous ne soyons jamais réellement satisfait sans lui." Xavier LAVIE

"Dieu nous émonde quand il est sur le point de nous emmener dans une nouvelle saison de croissance et d'expansion." Christine Caine

 "Un pasteur n'est pas un marchand de rêves annonçant aux hommes qu'ils peuvent devenir ce qu'ils aimeraient être. Il est un messager du Christ annonçant aux hommes ce que Christ veut qu'ils soient."
Xavier LAVIE

"L'écoute a un prix, mais elle obtient la plus précieuse récompense qui soit, la connaissance de la volonté de Dieu. Assoupis dans notre confort et par l'idée fausse qu'il est facile et passionnant de servir Dieu, nous nous demandons pourquoi il s'est éloigné de nous, alors qu'en réalité c'est nous qui avons pris nos distances avec lui. Les chrétiens ont tellement pris l'habitude d'écouter les pasteurs que beaucoup négligent l'écoute personnelle et quotidienne de la parole de Dieu." Ravi Zacharias

"Une foi qui ne puise pas au bon endroit finit toujours par s'épuiser...!" Xavier LAVIE

"En matière de vie spirituelle, l'essentiel est de savoir comment se comporter vis à vis de soi-même. Vous devez vous prendre en main. Vous devez vous exhorter, vous prêcher, vous questionner. Nous devons comprendre que cet égo qui est le nôtre, que cet autre individu en nous doit être maîtrisé. Ne l'écoutez pas, attaquez-le, parlez-lui, condamnez-le, dressez-le, dites- lui ce que vous savez de lui au lieu de l'écouter placidement et de lui permettre de vous entraîner et de vous déprimer." Martin Lloyd-Jones
 
 "La paix dans le chaos est le résultat de la présence active de celui que le prophète Esaïe (9.5) appelle «Prince de la Paix»." Xavier LAVIE

"L'immensité et la diversité de l'univers devraient nous rendre humbles. Plus le savoir d'une personne est étendu, plus elle a besoin d'humilité, car ses connaissances ne font qu'entrouvrir des portes sur de vastes domaines encore inexplorés ou connus imparfaitement." Ravi Zacharias

 "Nous ne sommes pas appelés à nous définir au travers de ce que nous faisons mais plutôt en fonction de ce que Jésus a fait pour nous. Il est le point de départ, l'arrivée et le chemin sur lequel nous marchons. Réalisons que tout est accompli en lui." Xavier LAVIE

"Lorsque les instructions font défaut, la moisson est maigre, voire nulle." Ravi Zacharias

"La foi doit être en mesure d'accepter de ne pas toujours avoir les explications de Dieu." Xavier LAVIE

"Dans l'adoration, toutes nos facultés convergent vers un seul objectif. Elle est donc en quelque sorte ce qui lie tous les aspects de notre vie et leur donne une cohérence. Conscience, pensée, imagination, cœur et volonté sont unis dans l'adoration. Amour, respect, sacrifice, motivation, vérité et obéissance sont offerts à celui qui nous a créés, celui seul qui peut apporter l'unité dans la diversité selon laquelle il nous a façonnés." Ravi Zacharias

 "Beaucoup voudraient changer le monde sans même penser ou accepter de devoir commencer par changer eux-même." Xavier LAVIE

"L'adoration répond au problème de la culpabilité, car le coupable implore le pardon dans une attitude empreinte de respect. L'adoration transcende la satisfaction que procure le plaisir car celui-ci à ses limites et finit par lasser. L'adoration canalise nos émotions qui ont besoin d'être maîtrisées et nourries par la vérité.
L'adoration nous impose de connaitre Dieu, car nous devons nous approcher de lui selon ses conditions, celles du Père Saint. L'adoration combat le sentiment de solitude, car celui-ci ne peut être supprimé par l'amour seulement. Il n'y a que l'adoration qui puisse satisfaire toutes nos aspirations, voilà pourquoi elle est la plus noble expression de notre vie, la racine qui la nourrit et lui fait porter des branches et des fruits.
L'adoration va de pair avec la vie. Le sacré et le profane se rencontrent. Notre cri rejoint celui de Dieu." Ravi Zacharias


"Même si les gens vous ont déçu ou que les circonstances ne sont pas celles vous espériez ou pour lesquelles vous aviez prié, sachez que Dieu est avec vous, et qu'il prend soin de vous et vous aime.
Ne doutez pas de sa volonté à vouloir le meilleur pour vous et croyez qu'il fait toujours concourir toutes choses pour votre bien." Xavier LAVIE

"Fondamentalement, adorer Dieu, c'est lui donner ce que nous avons de meilleur. Cela ne peut pas se faire sans le sacrifice de l'estime et de l'adulation du monde. Arrêtons-nous un instant et réfléchissons aux sacrilèges que nous commettons journellement :
Lui donnons-nous le meilleur de notre temps ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos forces ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos pensées ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos biens matériels ?
Lui donnons-nous le meilleur de nos ambitions et de nos projets ?
Ou bien est-ce au monde que nous réservons ce que nous avons de meilleur et à Dieu les restes ?" 

Ravi Zacharias

 Dieu peut nous tracer un avenir indépendamment de notre histoire, mais il n'est pas difficile de comprendre que si notre histoire porte en elle quelques qualifications pour bien appréhender cet avenir, elle porte aussi parfois quelques handicaps à ne pas négliger. Notre histoire parfois nous aide et parfois nous freine....! Permettons alors à Dieu de faire le tri dans notre vie passée afin que rien ne vienne faire obstacle à sa volonté en nous. Quand nous courrons pour Dieu, ne laissons pas notre passé nous rattraper...!" Xavier LAVIE

"Si nous devons «sentir» la présence de Dieu avant de croire qu'il est avec nous, nous réduisons à nouveau Dieu à notre capacité de le saisir, faisant de lui une idole au lieu de le reconnaître comme Dieu."
Craig S. Keener

"Si vous voulez apprendre quelque chose qui va vraiment vous aider, apprenez à vous voir comme Dieu vous voit et non pas comme vous vous voyez dans le miroir déformé de votre propre importance."
Thomas a Kempis
 
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Les tribulations d'un jeune berger


Le Royaume du Trine 1 - Au fil de la vie 
 
Chapitre 6
Les tribulations d'un jeune berger
  Après plusieurs semaines de voyage, ils parvinrent dans le sud du royaume et s’installèrent dans un lopin de thym et de menthe sauvage. Sous un amandier en fleurs, au milieu d’un champ, ils profitèrent de la paix, de la nature et du printemps. Ils appelèrent ce lieu, le jardin des amandiers blancs. C’était un verger au milieu d’un reg, un lieu rocailleux, parsemé d’herbes sèches et aromatiques, un endroit balayé par les vents impétueux et brûlé par un soleil de feu, une parcelle de prairie bordée de roubines que l’on faisait déborder grâce à des martelières. La submersion progressive durait plusieurs heures, pendant lesquelles les hérons cendrés et les grues venaient se désaltérer. On y croisait des troupeaux de chèvres ou de moutons venus paître un foin de premier choix et des insectes en abondance, cachés parmi les lavandes sauvages et les romarins. Les escargots logeaient le long des tiges de fenouil et les couleuvres se tapissaient à l’ombre des cailloux. Le chant des cigales se mêlait à celui des crapauds et dans la nuit étoilée retentissait le cri des chouettes et des hiboux, rythmant le vol syncopé de quelques chauves-souris. Sous les amandiers blancs, Olivier commençait à servir de canal de grâces et, avec Nymphéa, il vivait le cœur léger de tout fardeau. Comme promis, une eau vive commençait à couler de ses mains pour abreuver les brebis et les jeunes agneaux assoiffés qu'il rencontrait. La jeune femme appréciait de vivre chichement, en osmose avec son grand Berger, en communion avec la nature environnante, à son rythme paisible et en confiante harmonie. Ayant le ciel pour seul plafond et des paysages magnifiques en toile de fond, elle lui réclamait parfois qu’un rayon de soleil l’effleure au cœur de l’hiver ou que la tempête passe ailleurs, car elle ne dépendait que de lui pour sa subsistance comme pour sa sécurité, son avenir, bref, son existence. Cette communion intime et personnelle, qu'elle avait autrefois expérimentée avec l'Aigle, s'était approfondie de jour en jour avec lui, sans doute parce qu'il avait un aspect humain plus accessible, la disponibilité d'un ami intime et l'attitude d'un grand frère parfait. Car ce que le grand Aigle avait promis s'était accompli et l'oiseau royal avait fait place à un berger d'apparence humaine et modeste. Comme les nomades du désert, il portait une longue tunique de laine ceinturée et des sandales de cuir robustes. Seuls ses yeux illuminaient son visage enveloppé d'une étoffe le protégeant du soleil. Ils exprimaient des sentiments d'une pureté et d'une profondeur inégalées. Sous son apparence rustique et ordinaire se cachaient une noblesse princière, une puissance et un amour extraordinaires que Nymphéa avait su déceler.
       - Tu l'as vraiment vu, grand-mère? demanda alors Joy subjuguée par la description que son aïeule venait de faire.
       - Évidemment, je ne relate que des faits existants, murmura-t-elle, comme si ses regards étaient encore plongés dans les yeux du grand Berger.
       - Et alors, que s'est-il passé dans ce jardin des amandiers blancs ? s'impatienta Maelys. Est-ce là que notre oncle est né ?
       - Non, les mois passèrent, puis à l'aube d'un matin de printemps, la voix du grand Berger retentit comme un tonnerre, répondit grand-mère, avant de poursuivre sa lecture.
       - Pais mes agneaux, dit-il à Olivier.
       Son immense houlette frappa la terre, alors qu'il lui montrait de grosses brebis paître nonchalamment dans un champ d’herbes vertes. Plusieurs bergers discutaient deux par deux au milieu d'elles ou dormaient seuls, au pied d’arbres creux. Le Grand Berger interpella à nouveau Olivier :
       - Veille à ne pas t’appesantir, à ne pas t’endormir.                        
       Puis il lui montra un petit troupeau d’agneaux abandonnés et affamés qui bêlaient désespérément :
       - Dépêche-toi de prendre soin de ce troupeau ; pais mes agneaux !
       Et sa houlette frappa de nouveau la terre avec fermeté. Olivier chaussa ses sandales puis appela chaque agneau par son nom. Il rassembla ceux qui étaient dispersés, les soigna puis les devança sur un chemin de terre poussiéreux pour les conduire vers un haut plateau. Nymphéa et Zoé suivirent ce premier troupeau que le grand Berger venait de confier à Olivier et gravirent un petit chemin étroit et caillouteux serpentant autour d’un mont escarpé. Le paysage verdoyant et fleuri était magnifiquement parsemé de cours d’eau les amenant jusqu’à un lac pur et limpide.
       Lors de cette estive, deux brebis refusèrent de les suivre. Alors Olivier glissa une corde à leur cou et les tira derrière lui, tout en les frappant doucement à l’aide de brindilles de buis. Une autre flânait en zigzags derrière eux ; elle aurait pu tomber dans n’importe quel piège, tant elle se montrait insouciante et folâtre. Un très jeune agneau la suivait avec peine sans la quitter des yeux, alors qu'une agnelle avait tendance à s’échapper loin d’eux, quand elle ne sentait plus le regard protecteur d’Olivier. Elle avait besoin de son autorité pour ne pas dévier. Deux plus vieilles traînaient avec peine dans le lointain, tandis que deux autres malades agonisaient sur le bord du chemin. Le Grand Berger marchait en tête du troupeau, aux côtés d'Olivier et scandait leur parcours en répétant inlassablement à l’entour :
       - Pais mes brebis, pais mes brebis, et sa houlette frappait la terre. Pais mes brebis, pais mes brebis ! résonnait dans l’air.
       Jusqu'à la naissance de leur deuxième enfant, Olivier et Nymphéa restèrent sur ces hauteurs et s'installèrent autour d'une vieille bergerie abandonnée. C'est là qu'Emmanuel naquit à la fin de l’été.
       - Ah, voilà ! s'exclama Maelys ravie d'en venir à cette naissance.
       Sans se laisser distraire, grand-mère poursuivit son récit avec tendresse :
       Ce jour-là, Nymphéa l'avait passé en tête-à-tête avec Zoé. La petite fille s'était appliquée à apprendre le nom des fruits que sa maman lui avait dessinés en aquarelle acidulée et elle avait colorié des fleurs sans déborder. Nymphéa profitait pleinement de ces moments privilégiés, sachant que bientôt Emmanuel réclamerait toute son attention. Zoé était une enfant curieuse et pleine de vitalité, pétillante et remplie de bonne volonté.  Nymphéa la serra contre son cœur, enfouissant son visage dans ses boucles dorées ; elle déposa un tendre baiser sur ses petites joues roses rebondies, en lui rappelant une fois de plus tout son amour. Dans un soupir inexprimable, elle abandonna ses craintes de voir leur complicité disparaître avec cette naissance… Depuis le matin, elle gérait des contractions non douloureuses : elle savait que c'était pour aujourd'hui, mais elle restait étrangement calme, comme si elle voulait profiter au maximum de chaque minute écoulée, comme si cette journée passait au ralenti, en catimini et chuchotis. Olivier s’était momentanément absenté, mais tout était sous contrôle. Dans la soirée, Emmanuel naquit tout naturellement et rapidement, sous le regard du grand berger qui veillait…
       Puis, au cœur de l'automne, la petite famille reprit la route du sud et s’installa à nouveau dans un champ d’herbes aromatiques. Ils croyaient connaître cet endroit paisible qu'ils avaient délaissé au printemps, mais la pluie était venue et tout avait changé en un instant. Dès leur arrivée, ils surent qu’ils allaient être éprouvés. En effet, ils subirent tour à tour une pluie torrentielle et glacée qui transforma le pâturage en pataugeoire boueuse, puis un vent violent qui frappa la terre marécageuse de bourrasques impétueuses. Les sécheresses répétées, suivies par les pluies torrentielles engendrèrent une prolifération excessive de moustiques et de mouches contre lesquels ils durent se battre ; puis ils subirent aussi l’assaut des rats des champs et enfin la disette et la maladie. C’étaient comme des fléaux qui s’abattaient sur leur vie, mettant à l’épreuve leurs forces et leur résistance sans aucune clémence. Puis, profitant de leur faiblesse, un loup se mit à rôder autour de leur  campement, cherchant à les dévorer[1]. Olivier dut le débusquer et lutta pendant un mois contre l’animal aux crocs acérés, avant  qu'il ne s’avoue vaincu et rebrousse chemin, penaud. Grâce aux conseils du grand Berger, Olivier remporta tous ces combats. Mais il n'eut ni le temps de s'appesantir sur ses malheurs ni de se réjouir de ses victoires, car il  dut aussitôt reprendre la route. Il était, en effet, convoqué sur l’inlandsis pour recevoir son certificat de preux chevalier.
       Avant qu'il ne quitte le jardin des amandiers blancs, Ruwach se posa sur une branche en fleurs et l'encouragea par ces mots :
       - Olivier, ne néglige pas les leçons du grand Berger. Il peut te laisser souffrir, mais il répare toujours ; s’il permet une blessure, il la soigne lui-même. Plus d’une fois, il te sauvera de l’angoisse et à la fin, le mal ne pourra plus t’atteindre. En temps de famine, il t’évitera la mort ; au plus fort du combat, il sauvera ta vie. Tu seras à l’abri des feux et des serpents venimeux et tu n’auras rien à craindre au moment du désastre. Grâce au Roi Howd, tu te moqueras désormais du chaos et de la faim et tu seras sans peur face aux bêtes sauvages. Tu seras garanti des dégâts dans les champs, des pierres qu’on y jette ou des bêtes qui y passent. Tu connaîtras la paix dans ton foyer et quand tu l’inspecteras, il n’y manquera rien. Tu verras encore ta famille augmenter, tes descendants pousser comme l’herbe des champs, et tu pourras mourir quand ta vie sera pleine, quand le grand tas de gerbes sera au complet[2].
       Pour parvenir à l'inlandsis, toute la famille exténuée dut monter dans une vieille locomotive à vapeur prenant son départ sur la terre de feu. Nymphéa s’installa avec ses enfants dans un wagonnet, alors qu'Olivier avait pris place, seul, devant eux. Le train s’élança à vive allure au milieu de mille bruits mécaniques, de jets de vapeur d'eau, de fumée noire et de scories qui envahissaient les wagons les plus proches. Un souffle chaud et chancelant faisait frémir sur leur passage des buissons de plumeaux ambrés et flous, tandis qu'à l'horizon se balançaient des remparts de roseaux mordorés. Nymphéa pensait au grand berger qui n'avait pas brisé le roseau plié, ni éteint la flamme qui brûlait encore au fond de son cœur[3] :
       - Pourquoi nous as-tu envoyés dans ces lieux terribles et extrêmes de la terre de feu et de l'inlandsis ? Pourquoi notre verger florissant s'est-il transformé en marécage envahi par les bêtes sauvages ? Jusqu'à quand devrons-nous supporter l'adversité, comme ces roseaux soumis à tous les vents ?
       Elle espérait que ce voyage soit une passerelle les conduisant vers un avenir paisible et heureux, même si pour le moment il ressemblait davantage à une parenthèse aux contours incertains. Bercée par le cahot de la machine et ses ronronnements réguliers, la famille, épuisée, commençait à s'endormir quand un sifflement strident les fit tous sursauter. Ils croisaient une autre locomotive surpeuplée de passagers tourmentés, résidents de la terre de feu. Ils se comportaient avec une arrogance et un orgueil si démesurés qu'ils tendaient tous leurs bras pour essayer de les gifler sur leur passage. Frappée de stupeur, Nymphéa coucha ses enfants au fond du wagonnet pour les protéger. La colère commençait à poindre… serrant les dents et les poings, elle hurla :
       - Cela ne cessera donc jamais ?
       Olivier se redressa dans son wagon et lui fit instamment signe de se calmer :
       - Ça va aller, ne t'inquiète pas… lui lança-t-il pour l'apaiser.
       - On ne peut pas avoir la paix ? J'en ai assez ! continua la jeune femme harassée.
       - Ça va aller, répéta Olivier. Ruwach est là, près de moi…
       Ses dernières paroles firent retomber toute la pression et Nymphéa se laissa choir au fond du wagon. Des larmes, balayées par le vent mêlé de scories, noyèrent son visage de sillons charbonneux.
       - Qu'est-ce qu'elle a dit ? hoqueta Nymphéa dans un soupir mêlé de sanglots.
       La voix étranglée par l'émotion, Olivier répéta les paroles de l'oiseau luminescent :
       - Souviens-toi qu'avant nous, notre grand berger fut aussi maltraité et opprimé et il n’a pas ouvert la bouche. Semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent, il n’a pas ouvert la bouche[4]…
       Il marqua une pause pour reprendre son souffle et cria de plus belle :
       - Nymphéa, même si on suit les rails de notre maître, je t'assure que ce train ne nous envoie pas à l'abattoir ; ça va aller, calme toi… 
      
        Ses paroles inspirées achevèrent de l'apaiser et elle se pelotonna au fond du wagon, serrant contre elle ses enfants. La nuit descendait sur les plaines et la silhouette de la gracieuse chenille à vapeur se transforma en monstre rampant, avalant les kilomètres et crachant dans les airs d’impressionnantes gerbes de flammèches incandescentes. C'est seulement à l'aube que la locomotive s'arrêta dans une gare souterraine et obscure. Intriguée, Nymphéa descendit de son wagon, désirant obtenir rapidement des laissez-passer nécessaires à la poursuite de leur voyage. Marchant sur le quai déserté, elle erra un moment, confuse et solitaire. Elle appréhendait la suite du voyage, mais un homme, dissimulé dans un recoin sombre, lui tendit le précieux passeport semblant jouer en leur faveur. Nymphéa l’apporta aussitôt à Olivier qui l’attendait sur le quai, près des enfants. Celui-ci se fâcha :
       - Pourquoi es-tu descendue du train et as-tu laissé les enfants seuls ?
       Puis après avoir jeté un œil sur les papiers qu'elle lui avait apportés, il lui fit remarquer, dépité :
       - Ces sauf-conduits ne sont même pas valables ; ils ne portent aucun sceau du Seigneur de l’inlandsis ni de notre Roi.
       Le pas assuré et quelque peu agacé, Olivier retrouva le chef de gare caché dans l’obscurité. Mais ce dernier, comme un vulgaire brigand, saisit brusquement Olivier et le dépouilla de ses effets, avant de lui rendre ses papiers validés. Hébété, Olivier ne broncha pas et s’empressa de regagner le quai ; mais contre toute attente, l’homme sortit de l’ombre et le poursuivit jusqu'au wagonnet. Là, il l'empoigna encore par l’épaule et lui rendit avec rudesse tous ses vêtements, en disant :
       - Félicitation jeune homme pour ton courage et ton humilité !
       Interloqué, Olivier saisit ses affaires, sans chercher à comprendre et remonta précipitamment dans son wagonnet. Le train démarra aussitôt, telle une bestiole rampante disparaissant furtivement dans la pénombre en  poussant de stridents sifflements. Ils sortirent enfin du tunnel. Quel soulagement ! En même temps que l'air frais et la lumière aveuglante du jour, ils avaient enfin l'impression de revivre et de retrouver leur liberté. Olivier serra fortement entre ses doigts la précieuse attestation qui lui permettrait d'être consacré chevalier. Une nouvelle étape était en cours de franchissement et il était déjà assuré de la victoire.
       Reçu au château du Seigneur de l'inlandsis, le jeune homme prit un bain purificateur, puis se recueillit. Il jeûna toute la journée et pria encore une partie de la nuit précédant l'adoubement[5] en compagnie de tous ses coéquipiers. Ensuite vint le temps de la consécration. Au matin de la cérémonie, le jeune homme assista au grand culte, revêtu de sa longue tunique de fin lin blanc et de toute son armure, puis il reçut de ses maîtres d'armes les dernières recommandations. Le but de ces préparatifs était de laisser un temps de réflexion aux futurs chevaliers et de les purifier. Les jeunes hommes devaient être parfaitement certains du choix de leurs destinées lors de la cérémonie. Car le serment sacré qu’ils s’apprêtaient à prononcer les engageait à vie. À la colée[6] succéda la remise des armes où chaque nouveau chevalier démontra, devant tous, son habileté dans l'escrime à cheval. Puis, armés de leur épée Rhéma, les jeunes hérauts devaient prêter serment sur les Chroniques du Roi Howd. Entouré de ses maîtres d'armes et de ses coéquipiers, face au seigneur de l'Inlandsis, Olivier promit de servir son Roi, de lui rester loyal et de protéger les habitants du royaume du Trine, de tout son cœur.
       - Est-ce qu'après cette cérémonie d'allégeance, Olivier a dû se soumettre au seigneur de l'inlandsis et rester sur ses terres ? s'inquiéta Joy, qui n'aimait pas cette région rude et glacée.
       - Non, la rassura grand-mère. Olivier n'a pas prêté serment au seigneur de l'inlandsis, mais au Roi Howd. Dès le lendemain de cette fête solennelle, il est reparti avec sa famille vers l'ouest du royaume.
       - Et qu'a-t-il fait ? l'interrogea Maelys. S'est-il enfin servi de la montre Kairos ?
       - Cela, vous le découvrirez demain, lui répondit grand-mère en refermant son livre de bord. À chaque jour suffit sa peine…


[1] Selon Matthieu 10.16.
[2] Selon Job 5/18 à 27.
[3] Selon Matthieu 12.20.
[4] Selon Esaïe 53.7.
[5] Cérémonie médiévale au cours de laquelle un jeune homme recevait des armes et un équipement faisant de lui un chevalier.
[6] Coup du plat de la main donné sur la nuque de celui qui était fait chevalier, lors de la cérémonie de l'adoubement.
 
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mercredi 1 février 2017

Citations


"Les êtres humains ne peuvent pas sonder l'Esprit de Dieu en se demandant ce qu'ils feraient si ils étaient Dieu. Ce sont des hommes et non pas Dieu. Et si ce sont des hommes vertueux, ils attendent que Dieu se révèle dans les conditions de son choix." Edward John Carnell

 "Dieu nous a créé de sorte que nous ne soyons jamais réellement satisfait sans lui." Xavier LAVIE

"Dieu nous émonde quand il est sur le point de nous emmener dans une nouvelle saison de croissance et d'expansion." Christine Caine

 "Un pasteur n'est pas un marchand de rêves annonçant aux hommes qu'ils peuvent devenir ce qu'ils aimeraient être. Il est un messager du Christ annonçant aux hommes ce que Christ veut qu'ils soient."
Xavier LAVIE

"Une foi qui ne puise pas au bon endroit finit toujours par s'épuiser...!" Xavier LAVIE
 
 "La paix dans le chaos est le résultat de la présence active de celui que le prophète Esaïe (9.5) appelle «Prince de la Paix»." Xavier LAVIE

 "Nous ne sommes pas appelés à nous définir au travers de ce que nous faisons mais plutôt en fonction de ce que Jésus a fait pour nous. Il est le point de départ, l'arrivée et le chemin sur lequel nous marchons. Réalisons que tout est accompli en lui." Xavier LAVIE

"La foi doit être en mesure d'accepter de ne pas toujours avoir les explications de Dieu." Xavier LAVIE

 "Beaucoup voudraient changer le monde sans même penser ou accepter de devoir commencer par changer eux-même." Xavier LAVIE

"Même si les gens vous ont déçu ou que les circonstances ne sont pas celles vous espériez ou pour lesquelles vous aviez prié, sachez que Dieu est avec vous, et qu'il prend soin de vous et vous aime.
Ne doutez pas de sa volonté à vouloir le meilleur pour vous et croyez qu'il fait toujours concourir toutes choses pour votre bien." Xavier LAVIE

 Dieu peut nous tracer un avenir indépendamment de notre histoire, mais il n'est pas difficile de comprendre que si notre histoire porte en elle quelques qualifications pour bien appréhender cet avenir, elle porte aussi parfois quelques handicaps à ne pas négliger. Notre histoire parfois nous aide et parfois nous freine....! Permettons alors à Dieu de faire le tri dans notre vie passée afin que rien ne vienne faire obstacle à sa volonté en nous. Quand nous courrons pour Dieu, ne laissons pas notre passé nous rattraper...!" Xavier LAVIE
 
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L'âne porteur de sel



(L'écrivain grec Ésope écrivit une merveilleuse fable....qui fut reprise plus tard par Jean De La Fontaine....)
"Un âne chargé de blocs de sel se plongea dans une rivière, et s’avança si profondément que tout le sel qu’il transportait fondit totalement allégeant d'un même coup la pauvre bête.
Quelques jours plus tard, comme l’âne repassait au même endroit, mais cette fois-ci, chargé d’éponges, il voulut s’avancer dans les eaux profondes, dans la pensée que le poids de sa charge y diminuerait comme il avait diminué la première fois.
Mais, le contraire arriva évidemment et de telle sorte que les éponges s’enflèrent tellement que la charge devint si lourde que le pauvre âne, qui ne pouvait plus la soutenir, culbuta dans la rivière et s’y noya."


Cette parabole nous rappelle que nous sommes en tant que chrétiens chargés du sel de l’Évangile et appelés à avancer profondément dans les eaux de ce monde afin que le sel que nous portons puisse fondre et ajouter au monde une nouvelle saveur, une nouvelle sagesse.
Ainsi, comme l’âne chargé des blocs de sel, nous sommes appelés à avancer au large, à nous enfoncer dans les méandres de l’activité humaine pour nous y fondre et y dégager la saveur de l’Évangile.
En tant que chrétiens, nous sommes le sel de la terre dira Jésus. Des hommes et des femmes chargés d'un fardeau qui est léger, pour autant que nous avancions dans les eaux de ce monde.
Mais, il arrive parfois que nous nous chargions de mauvais fardeaux, d'appels qui ne sont pas ceux de Dieu, des éponges de la futilité, de fausses directions dépeintes par l'adversaire de notre âme, comme étant la volonté de Dieu et dans le but de satisfaire nos ambitions ou convoitises orgueilleuses.
Mais, en réalité, ce ne sont que des charges dont l'objectif caché est de nous engloutir dans notre quête et de nous détourner de notre véritable appel ou plus généralement de la volonté de Dieu.
Le fait d'être chargé est normal pour un âne, mais il faut qu'il fasse bien attention à la charge qu'il porte. Car, pour l'avoir ignoré notre pauvre âne s'est noyé...!

Xavier LAVIE
 
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L'ancre de l'âme



HÉBREUX 6.13‑20
Dans l’Antiquité, les peuples vivant près de la Méditerranée connaissaient bien l’ancre.
Comme leur économie reposait sur leur marine marchande, l’ancre en est venue à symboliser la sécurité et la stabilité.
L’auteur de l’épître aux Hébreux se sert du mot pour rappeler aux chrétiens que Dieu leur a donné l’espoir comme ancre dans toutes les tempêtes.
L’espérance est saine. Anticiper le bien réconforte le cœur et l’esprit.
Par contre, il est terrible d’être dépourvu d’espoir.
Nous nous sentons dépassés et cédons à la dépression quand nous croyons que notre situation ne peut changer ou se résoudre.
La vie de la personne désespérée ressemble à un long couloir sombre, qui ne mène nulle part.
Le livre des Proverbes nous fournit une description de cette situation : « Un espoir différé rend le cœur malade » (Proverbes 13.12).
La personne qui se sent prisonnière de circonstances difficiles peut souffrir sur les plans émotionnel, physique ou même mental.
Pourtant, avec Dieu, aucune situation n’est sans espoir.
C’est en lui que la deuxième partie du verset se concrétise : « Mais un désir accompli est un arbre de vie. »
Les chrétiens ont une ancre de l’âme.
Notre relation avec Jésus‑Christ nous fait approcher du trône céleste, où nous pouvons jeter tous nos fardeaux aux pieds du Dieu omnipotent.
En outre, nous pouvons nous accrocher à lui dans toutes nos épreuves.
 Étant donné son grand amour, il fournit la force à notre corps las, la paix à notre esprit anxieux et le réconfort à notre cœur affligé.
Il éclaire notre sombre tunnel et nous guide avec tendresse dans les épreuves.


Dieu a donné aux chrétiens une espérance vivante tandis que les incrédules ne peuvent que fonder leurs attentes et leurs désirs sur rien. De nombreux non‑croyants ont un faux sentiment de sécurité. Ils présument que les aspects physique et matériel de la vie sont tout ce qui compte, mais on ne peut y trouver la sécurité (1 Timothée 6.9). Les rêves de ceux qui poursuivent la santé et les richesses plutôt que Dieu ne s’accomplissent pas ou ne les satisfont pas.
Les chrétiens fondent leur espoir sur Jésus‑Christ, le roc solide.
Ses paroles sont toujours vraies, et il tient toujours ses promesses. J’entends parfois quelqu'un dire que Dieu n’a pas respecté son engagement en ne lui accordant pas telle chose. Les croyants qui présentent leurs requêtes au Seigneur et qui se soumettent à sa volonté recevront toujours une réponse : oui, non ou attends.
Le Seigneur ne déçoit pas ceux qui s’attendent à lui. Il arrive que nous ayons l’impression que Dieu nous a laissé tomber quand nous espérons une chose qui ne s’inscrit pas dans son plan.
Cependant, il a promis de nous donner ce qu’il y a de meilleur (Ésaïe 48.17; 64.4). Si une porte se referme, une autre s’ouvrira, nous révélant quelque chose de bien mieux. On ne peut même pas imaginer tout le bien qu’il garde en réserve pour les siens.
La meilleure chose à faire pour un chrétien, c’est de fonder son espérance sur Jésus‑Christ. Accueillez tout ce qu’il veut pour votre vie, et détournez‑vous de tout ce qui n’y correspond pas.
Nos circonstances sont changeantes, mais Jésus demeure le même. Il est notre espoir vivant, qui ne nous déçoit jamais.

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