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vendredi 30 décembre 2016

La sécurité éternelle



COLOSSIENS 2.13,14
La plupart des chrétiens savent qu’ils sont sauvés, mais plusieurs s’interrogent quant à leur sécurité éternelle. Notre comportement contribue‑t‑il au maintien de notre salut?

Examinons ce qui s’est passé lors de notre conversion, et nous constaterons la sécurité dont nous jouissons en Jésus.
Avant d’être sauvés, nous avions une nature rebelle qui rejetait la direction divine.
En raison de notre état de pécheurs, nous étions morts sur le plan spirituel (Éphésiens 2.1), passibles du jugement de Dieu et destinés à vivre pour toujours séparés de lui.
De bonnes œuvres, la repentance et un meilleur comportement n’auraient pas changé notre état.
Nous avions donc besoin d’une solution divine.
Par conséquent, notre Père nous a fourni le nécessaire au moyen de son Fils, Jésus (Hébreux 9.11‑14).
Lors de notre conversion, nous sommes passés de la condamnation au pardon et de la mort à la vie (Hébreux 5.24).
Nous avons reçu une nouvelle nature qui veut plaire à Dieu, et celui‑ci nous a intégrés à sa famille (2 Corinthiens 5.17; Éphésiens 1.5).
Le don du salut nous a épargné la mort éternelle et nous a accordé la vie éternelle.
Il est impossible que nous retournions à notre état de mort précédent.
Notre statut d’enfants de Dieu est permanent puisqu'il se fonde sur l’œuvre de Jésus.
Si notre comportement ne rend pas toujours témoignage de notre nouvelle nature, nos erreurs n’annulent pas notre salut.
Souvenons‑nous que c’est l’œuvre de Christ qui a transformé notre situation et non nos actions.
Rien ne peut donc mettre fin à la nouvelle naissance que nous avons connue quand nous avons cru en Jésus (Jean 6.37).

Magazine en Contact
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Citations et anecdotes

"Ce ne sont pas les soucis d'aujourd'hui, mais les soucis de demain, qui pèsent sur un homme et finissent par le mettre à terre. C'est quand le fardeau de demain est ajouté à la charge d'aujourd'hui que le poids est plus lourd que ce qu'un homme peut supporter. Pour les besoins d'aujourd'hui, nous avons la force correspondante qui nous est donnée par Dieu et pour les fardeaux de demain, plaçons toute notre confiance en Dieu qui nous accordera la force demain pour les porter." Xavier LAVIE
Matthieu 6.34 "Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine."

"Je ne devrais jamais redouter de confesser mes péchés à Dieu puisque la condamnation qui leur incombe est déjà tombé sur le Christ à la croix. La bonne nouvelle de l’Évangile, c'est que je peux assurément venir à Dieu repentant pour mes péchés sans en subir les châtiments." Xavier LAVIE

"Je ne calme pas mes angoisses en essayant de connaitre mon avenir mais en accordant d'avantage ma confiance à mon Dieu qui en a déterminé les moindres détails." Xavier LAVIE

"Parfois, les choses que nous pensons être les obstacles sont en fait le chemin." Bob Goff

"Il y a parfois une telle inertie dans nos vies, qu'entre le moment où nous recevons la révélation de la volonté de Dieu et celui où nous la concrétisons pleinement, un temps très long peut s'écouler. C'est parfois le temps nécessaire à la formation, mais aussi celui indispensable pour atteindre le niveau de foi nécessaire pour effectuer les investissements que cela va réclamer. Dieu est patient et prévoyant, c'est pourquoi il nous appelle bien avant, mais que cela ne soit pas une excuse pour perdre du temps." Xavier LAVIE

Message venu de l'espace
Le 21 décembre 1968, la fusée Apollo 8 est lancée. Et le 24 au petit matin, les astronautes se sont placés en orbite autour de la lune et en ont fait dix fois le tour, découvrant ainsi sa face cachée.
Chaque fois qu'Apollo 8 passait derrière la lune et disparaissait ainsi de la vue de la terre, les contacts radio cessaient de fonctionner. Aussi personne n'a pu partager en direct avec les astronautes cette première expérience humaine si merveilleuse.
Découvrir la face cachée de la lune et voir la terre se lever derrière ce paysage lunaire désolé, quel spectacle extraordinaire!
Mais quand on a pu de nouveau les entendre à la télévision, ils étaient encore profondément impressionnés par cette vision, la terre se levant, bleue et blanche, au-dessus de l'horizon de la lune. Comment ont-ils décrit ce qu'ils avaient vu et ressenti ?
Ont-ils cité un savant ou un poète célèbre ? Non, ce qui les a touchés dans ces moments-là ne pouvait s'exprimer que par ce qu'ils ont lu, l'un après l'autre, à la première page de la bible :"Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ..."
Cent millions de personnes environ ont entendu ce message venu de l'espace, à l'approche de Noël, le 24 décembre 1968. Et ce jour-là, nombreux aussi ont été ceux qui se souvenaient que Jésus Christ, le Fils de Dieu, était venu du ciel faire connaître à l'humanité entière le Dieu sauveur.
"Il n'y a pas... sous le ciel d'autre nom qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faut être sauvés. (Actes 4.12)
(Sources La Bonne Semence)

 "Nous devrions sans cesse prier afin de vivre en totale cohérence entre ce que nous professons et ce que nous pratiquons. Les tensions spirituelles sont difficiles à supporter dès lors que l'écart entre ces deux choses se creuse. A ce stade, beaucoup préfèrent tordre le sens de ce en quoi ils croient afin d'en rabaisser le niveau pour réduire en eux les tensions, plutôt que de travailler aux changements personnels avec l'aide du Saint Esprit permettant ainsi d'obtenir une meilleure similitude entre notre profession de foi et notre pratique de la foi. Il y a donc deux moyens de réduire les tensions spirituelles, mais laquelle avez-vous choisi...?"
Xavier LAVIE

"Ce qui caractérise la véritable église n'est pas l'addition d'activités ou la qualité de ses programmes, mais la présence active de Dieu au milieu d'elle." Xavier LAVIE 

"Dans la vie chrétienne, ce ne sont pas les réalisations que vous accomplissez qui importent le plus, mais la personne que vous devenez." Xavier LAVIE

"Pas plus que je ne peux contenir les chutes du Niagara dans une tasse de café, je ne peux comprendre la nature et l'amour irrépressible de Dieu." Xavier LAVIE
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Qu'as-tu fait du trésor de Dieu en toi ?







Samedi dernier nous avons fêté Noël. 
Nous avons encore la mémoire des lumières et décorations, mais la fête est désormais derrière nous.
Mais il y a une lumière qui ne s’éteint pas, celle qui brille au milieu de nous, c’est bien sûr, Jésus.
Pourquoi cette lumière ne s’éteint pas ? 
Car Il est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde !
Et Il habite en chaque croyant pour que nous soyons des témoins de cette lumière.
2 Corinthiens 4. 6 -7 « Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. Nous portons ce trésor dans des vases de terre afin que cette puissance supérieure soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. »
La Bible dit que Dieu façonne son peuple comme le potier façonne l’argile  :
Jérémie 18.6 « Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d'Israël ? Dit l'Éternel. Voici, comme l'argile est dans la main du potier, Ainsi vous êtes dans ma main, maison d'Israël  »
Il veut faire de nous un vase qui lui sera utile, un vase rempli d’amour car Il a déversé en nous son Esprit, comme une huile. 
Nous sommes destinés à être ce vase rempli de cette huile parfumée qui doit se répandre : c’est la bonne nouvelle de l’Évangile en paroles mais aussi en actions.
Dans quelques jours nous allons passer à une nouvelle année. 
Qui dit fin de l’année dit bilans.
Dans les entreprises, les associations, les églises, c’est l’heure du bilan des activités et des bilans comptables.

As-tu fait ton bilan ? Si tu ne l’as pas fait es-tu prêt à le faire  ?
Si l’on reprend l’image des bilans comptables, pour faire un bilan il faut faire quoi ?
  •  il faut regarder les entrées (l’argent qui est rentré dans les caisses : dons, cotisations, subventions, événements…)
  • et les dépenses (salaires, matériel, actions, assurances, loyers…)
Spirituellement, les entrées ça veut dire quoi pour nous ?
Ce serait tout ce que tu as reçu de Dieu, les grâces, les bénédictions, les promesses et d’autres bienfaits que Dieu nous accorde .
D’ailleurs, nous avons eu l’occasion d’avoir un culte autour des actions de grâce, pour remercier Dieu et témoigner de toutes ces « entrées spirituelles » dans notre vie ou ceux de nos proches.

Les dépenses : Cela pourrait être quoi ?
Le temps perdu dans des activités inutiles, dans les inquiétudes de toutes sortes, l’oisiveté, la paresse, le manque de consécration, le manque de piété… 

As-tu fait le bilan de tes dépenses ?
Ce trésor qui est en toi, qu’en as-tu fait ? Ton vase a-t-il pu en garder tout le contenu ? A-t-il toujours été rempli à ras bords, prêt à déborder ? Ou s’est-il fêlé en route ?...
Il peut arriver que l’huile soit gâchée par le péché ou que le vase soit fissuré par les épreuves ou nos faiblesses et qu’il ait besoin de restauration pour contenir et déverser l’huile divine.
 Il se peut également qu’il manque d’huile dans le vase par manque de communion avec Dieu.
Nous avons là une responsabilité : veiller à ce que l’huile ne soit pas salie ou gaspillée. Car, à cause cela, le trésor qui est en vous peut rester caché, ou ne pas être pleinement manifesté.
 Je vous renvoie à la parabole des vierges sages et folles 
Mathieu 25. 3 « Les folles, en prenant leurs lampes, ne prirent point d'huile avec elles » , elles n’ont pas pris de réserve avec elles, leur vase était donc à moitié vide.
La Bibles à plusieurs endroits, nous exhorte à grandir, à avoir une vie spirituelle qui évolue dans le bon sens, se fortifie, en sagesse, en grâce…
2 Pierre 3.18 "Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus  Christ. A lui soit la gloire, maintenant et pour l'éternité ! Amen !"
2 Corinthiens 3.18 "Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit."
On voit bien dans ces deux versets une idée de progression : « croissez » dans le 1er verset, et « de gloire en gloire » dans le 2e.
En conclusion :
Alors, si on fait le bilan de l’année, on peut tous dire qu’on a eu des échecs, des coups durs, mais il y a eu aussi des progrès, des victoires spirituelles !
La question que je te pose ? Ton bilan est-il positif ou est-il dangereusement dans le rouge ?
Jésus, dans l’évangile de Luc, nous encourage à être  riche pour Dieu
Luc 12.21 « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. »
As tu amassé pour toi ou pour Dieu?
Dans quel état est le vase de ta vie ? A-t-il besoin d’être lavé, rempli à nouveau, ou restauré ?
Alors, pourquoi ne pas prendre les résolutions qui s’imposent puis laisser le divin potier travailler ta vie sur le tour ?
UN ENGAGEMENT : Je porte en moi le trésor de l’Évangile. Je présente à Dieu le vase que je suis afin qu’il me façonne et me remplisse de la plénitude de son Esprit pour que je manifeste Christ en actions et en paroles.
 Franck Ferrer

Publié il y a Yesterday par Eglise au Coeur de la Ville

mardi 27 décembre 2016

Pause réflexive sur l'Eglise



"David Wells (1), un des analystes américains les plus remarqués du phénomène évangélique, tire la sonnette d’alarme dans le dernier de ses livres. Il remarque que le problème que les méga-Églises évangéliques ont à résoudre est celui de leur réussite due à leur adaptation à la culture hyper-capitaliste. Elles ont reproduit le modèle du Disneyland. Ces Églises ont, en quelque sorte, commercialisé la foi en créant un univers aseptisé, sécurisé et divertissant, où toute la famille, notamment bourgeoise, est à l’aise et apprécie de se trouver dans un milieu « à part », à l’abri des crises de la société et loin des malheurs du monde. Aux États-Unis, il est possible de passer toute sa vie dans des complexes ecclésiastiques où l’on peut trouver coiffeur, « resto », gymnase, disco avec le soft-rock chrétien aussi bien que la louange. La réussite des évangéliques dans ce pays tient au fait qu’ils ont su s’adapter au monde et aux valeurs de la post-modernité. Le contenu de la foi plus ou moins assurée est noyé dans la cool communication d’un message qui promet le bonheur dans cette vie et sa prolongation dans celle qui est à venir. Cette description n’a pas grand-chose à voir avec la situation et l’identité des évangéliques en France, direz-vous. Tant mieux! Pourtant, si on y regarde de près et qu’on va au-delà des apparences, on trouve des similarités remarquables. La différence est essentiellement due au fait que nos frères d’outre-Atlantique sont un peu plus avancés que nous, mais il est probable que si nous avions les mêmes moyens qu’eux, nous ferions la même chose…" [...] Vers la fin de son livre, David Wells dit que la théologie libérale du siècle dernier, en voulant se mettre au diapason du monde, en se montrant « à la page », est arrivée à l’auto-élimination. Le danger, aujourd’hui, pour les évangéliques, est comparable. Si, pour s’être adaptés à l’esprit du jour, ils perdent leur spécificité, si leur foi est délavée, diluée, ils risquent de dégrader le contenu même de la foi et, malgré leur grande vitalité, de s’autodétruire. Le résultat sera le même que celui qu’obtient la théologie critique la plus féroce." 1. D. Wells, Above all Earthly Pow’rs (Grand Rapids: Eerdmans, 2005). Wells est professeur à Gordon-Conwell Theological Seminary, près de Boston.
Paul WELLS

"Cette tension nécessaire à la production d'une vie chrétienne équilibrée est le résultat d'un côté d'une véritable eschatologie biblique (et pas juste les supputations et spéculations des marchands d'avenir versant souvent dans le catastrophisme) et de l'autre d'une connaissance biblique du passé (compréhension historique et théologique des évènements au sein d'une révélation globale) comme étant la seule source fiable et indispensable au décryptage, non seulement de l'avenir, mais donnant également un sens particulier à notre présent. Entre le 'déjà' et le 'après', nous vivons un présent qui est appelé à pouvoir lier les deux de manières cohérentes...!" Xavier LAVIE

"Le protestantisme français moderniste et pluraliste, essentiellement horizontaliste, a compromis son avenir en s’étant trop bien adapté au monde. Il se distingue de moins en moins des humanismes variés contemporains. Les évangéliques, quant à eux, qui se félicitent d’être attentifs à garder leur distance vis-à-vis du monde, risquent de subir un sort équivalent pour une autre raison. La dichotomie, la séparation, qu’ils établissent, bien souvent, entre la foi et la vie, leur foi trop subjective qui fait la part belle à l’expérience, les conduisent à accueillir, sans vraie critique, les feelings de la société et les font ressembler à ceux qui se tirent une balle dans le pied." Paul WELLS

DÉSOLE, JE SUIS SURBOOKÉ EN CE MOMENT...!
"Christ était-il surbooké au poing qu'il ne pouvait plus accorder du temps à une âme en détresse...?
Fallait-il s'inscrire sur son agenda pour espérer passer un moment en sa présence...?
Un entretien avec lui était-il limité en temps...?
En réalité, luttait-il contre le temps ou travaillait-il avec le temps...?
Quelles étaient ses notions de gain de temps et de perte de temps...? Gérait-il son temps..?
A-t-il pratiqué l'art de la délégation...? Ou faisait-il tout lui-même...?
Il y a dans ces quelques questions des réponses sans doute faciles à trouver et sans doute des leçons à apprendre. Après tout, n'est-il pas notre exemple...?" Xavier LAVIE


"La nature du salut du Christ est terriblement déformé par l'évangéliste actuel. Il annonce un Sauveur de l'enfer plutôt que d'un Sauveur du péché. Et voilà pourquoi tant de gens sont fatalement trompés, car il y a des multitudes qui souhaitent échapper à l'étang de feu qui n'ont aucun désir d'être délivré de leur charnalité et de la mondanité." Arthur W. Rose 

"Ma crainte est que devant tous les choix auxquels les gens font face aujourd'hui, celui qu'ils considèrent rarement est : «Comment puis-je servir le plus efficacement et fructueusement dans l'église locale?"
Je me demande si l'accès à l'abondance des activités d'aujourd'hui n'est pas en train de produire des disciples moins bien accomplis du Christ, en aidant les chrétiens à éviter la responsabilité à long terme et avoir un impact à moins long terme." Kevin DeYoung 
 

Les desseins originels


Le royaume du Trine 1
 Au fil de la vie 
 
Chapitre 3

Des desseins originels
Fondements d'une vie nouvelle


              Plusieurs jours s'écoulèrent avant que grand-mère ne puisse conter la suite de ses aventures à ses petits filles. Et elle  commença, ce jour-là, par quelques rimes poétiques :
       - Ô temps, suspends ton vol ! Et vous, heures propices, suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours ! [1]  
      
       Pétillante d'allégresse et d'enthousiasme, Nymphéa, qui venait de comprendre qu'elle aurait un bébé pour le printemps, virevoltait, parsemant leur nid de plumes fines et de duvets d’une douceur divine, inondés de fragrance pure et délicate. Telle une nymphe des bois, pleine de fraîcheur printanière, elle couva dans l'aire en toute sérénité, se tenant prête à enfanter. Les longs mois d'attente furent paisibles et légers, balayés de zéphyr suave et éthéré. Nymphéa profita de chaque instant pour s'épanouir telle une pêche juteuse et exquise se gorgeant peu à peu de soleil. Elle se laissait instruire par le grand Aigle qui lui insuffla ses desseins originels en lui contant l'histoire de ses premiers ancêtres, celle d'Isch et Ischa[2] placés dans le jardin des délices. Il lui dépeignit leur lit-prairie verdoyant, parsemé de fleurs fraîches aux couleurs éclatantes qui exhalaient un doux parfum enveloppant, les solives de leur demeure de cèdres et de cyprès, les arbres fruitiers qui en formaient les parois et le ciel dans sa pureté originelle qui composait son haut plafond. Tous les oiseaux, sortis de la main du créateur volaient dans les cieux et se posaient aux alentours, perçant le silence de leurs chants mélodieux. Le loup et l’agneau dormaient ensemble à l’ombre des oliviers brillants de lumière, alors que la panthère et le chevreau s’abreuvaient aux eaux pures et abondantes du fleuve aux reflets d’or et de pierres précieuses. Isch évoluait parmi ces animaux superbes et paisibles, profitant de tout son être de ce que son maître lui avait donné ; tout était si neuf, si parfait ! L’herbe si douce, les fruits si succulents, l’eau si rafraîchissante ! La présence du créateur était quotidienne, permanente, glorieuse et apaisante. Pourtant, il semblait qu’Isch attendait quelque chose d’autre … Ou était-ce quelqu’un ?

       Et un jour, alors qu’il s’éveilla d’un profond sommeil, il comprit que ce qu’il recherchait au plus profond de son être était là. A ses yeux, elle était la plus belle des créatures, elle était son complément, son vis-à-vis, celle qui était os de ses os et chair de sa chair. Dès le premier regard, son cœur d’homme l’aima. Alors ce couple originel évolua dans le jardin des délices, un verger d’une beauté, d’une fraîcheur et d’une richesse inégalées. Celui-ci était  planté d’arbres aux fruits succulents et il y poussait aussi des plantes aux arômes délicieux tels le henné et le nard, le safran, le laurier et la cannelle, ainsi que tous les arbres à encens, la myrrhe et l’aloès avec des parfums des plus délicats. Isch et Ischa n’avaient qu’à tendre la main pour se nourrir des plantes et des fruits les plus savoureux. Parcourant le jardin, un fleuve d’eau pure et cristalline leur apportait ses bienfaits rafraichissants et désaltérants. C'était un couple pur et parfait, baignant dans la paix et la félicité. Ils dominaient sur les animaux et jouissaient d’un amour incomparable, les unissant à la fois tous les deux ainsi qu’à leur créateur. Celui-ci avait fixé les règles de leur nature profonde, leurs possibilités et leurs limites, et cela fonctionnait parfaitement dans le meilleur des mondes. Pourtant, le serpent ancien parvint à semer le trouble dans le cœur d'Ischa et à introduire le chaos sur leur terre autrefois si parfaite ! Il parvint à couper le lien qui les unissait à leur créateur et à transformer leur jardin en enfer !
       - Combien  je suis reconnaissante d'avoir retrouvé un semblant de paradis perdu dans cette aire surplombant l'abîme infâme et corrompu ! souffla Nymphéa dans un soupir de soulagement.
       - Le vieux monde est un triste vestige de cette tragédie survenue à l'aube des temps, ajouta l'Aigle.

       Depuis qu'elle avait posé le pied dans le royaume du Trine, la jeune femme avait goûté à cette vie de plénitude absolue, à la fois éternelle et essentielle, que ses ancêtres avaient autrefois connue puis perdue. Elle pensait avec tristesse aux habitants de l'ancien monde presque tous insatisfaits de leur vie et aspirant à autre chose sans savoir quoi.
       - La vie de ce monde semble tellement insipide, absurde et vide de sens, murmura-t-elle.
       - La raison, c'est que ses habitants ne connaissent pas la vraie vie. Ils connaissent un état de vie ayant un commencement et une fin, leur permettant de jouir de quelques énergies, mais ils ressentent un vide, parce qu'une partie d'eux-mêmes est en léthargie ou morte, ajouta l'oiseau royal.
       - J'en ai connu qui refusaient d'y penser et se jetaient à bras le corps dans toutes sortes d'activités pour combler ce vide, d'autres qui essayaient de le remplir en cherchant l'amour idéal ; et d'autres encore qui tentaient d'assouvir leur soif insatiable par toutes sortes de rites religieux ou philosophiques... continua Nymphéa de plus en plus pensive.
       L'oiseau poursuivit ses explications :
       - Mais plus ils courent après toutes ces choses et plus la vie leur échappe telle une hémorragie fatale leur laissant un goût amer de déception et de frustration. Cette grande désillusion conduit de nombreuses personnes à renier un créateur qu'ils ne connaissent pas, mais qu'ils accusent de tous leurs maux !
       - Pourtant cette vie est là, à leur portée, comme un trésor caché sous leurs pas, comme un ruisseau d'eau vive coulant sous le sable du désert prêt à désaltérer leur être asséché et à les combler… s'emballa Nymphéa qui avait reçu cette vie de plénitude, en même temps qu'Olivier, le jour où ils avaient été arrachés des eaux infâmes pour être déposés sur cette île merveilleuse.

       Elle l'avait reçue aussi de l'Aigle royal qui les avait nourris, abreuvés et soignés pendant des mois sur le sommet de leur falaise. Car elle avait cherché la source de La Vie et le Roi lui avait répondu. Quand elle avait tourné ses regards vers le ciel, il l'avait irradiée de joie et de gloire. Il avait entendu son cri et l'avait sauvée de toutes ses détresses. Puis, il leur avait envoyé l'Aigle royal afin qu'il les délivre du danger et les couvre sous ses ailes[3]. Son cœur se gonfla de gratitude et d'amour envers cet oiseau précieux et majestueux :
       - Quelle joie d'avoir trouvé refuge à l'ombre de tes ailes ! Quel bonheur de pouvoir vivre sur cette île extraordinaire !

       Pleine de reconnaissance, Nymphéa voulut rendre hommage à son Roi en donnant à son enfant un nom riche de sens ; c'est ainsi que naquit Zoé[4], un soir de mai. Nymphéa berça dans l’aire ouatée une petite fille en pleine santé. Cette nuit là, elle ne put fermer l'œil, tant elle était émerveillée. C'est Lui qui avait tissé dans le creux de ses entrailles, cette petite merveille, c'est Lui qui avait décidé de sa venue au monde en cet instant, précisément. C'est Lui qui avait accompli le miracle de la vie, l'incroyable transformation de cellules infimes en une petite fille, la fusion d'un nymphéa rose et d'un olivier, un mélange de douceur et de force, l'union de leur amour, le prolongement de leur histoire… Et son corps arrondi avait abrité ce prodige ! Zoé, posée sur son ventre, peau contre peau, rassembla ses forces et appuyée sur ses petits bras fripés, releva la tête un court instant.  Juste le temps de planter son regard saphir dans celui de sa mère afin de lui offrir sa gratitude et de faire connaissance. Ne dit-on pas que les yeux sont le miroir de l'âme ? Zoé semblait vouloir communiquer sa reconnaissance et ne pas perdre le contact fusionnel qu'elle avait connu avec celle qui l'avait abritée au plus profond de son corps durant tant de mois !

       - Quelle fabuleuse histoire ! s'exclama Joy en comprenant que ce bébé, dont le conte parlait, n'était autre que sa propre mère.
       Maelys, pressée d'entendre la suite de cette étonnante épopée, fit les gros yeux à sa sœur, lui indiquant ainsi de se taire. Alors, dans une moue de mécontentement à son égard, l'aïeule poursuivit son récit par une leçon de vie, de fusion et d'abandon, dont le grand Aigle s'était servi il y a bien longtemps :

       L'oiseau royal survola leur aire et s’adressa à Olivier, comme un père à son fils :
       - Je te connaissais avant même de t’avoir formé, je t’avais mis à part avant même que tu sois né. Je t’avais destiné à être mon héraut[5].
       - Mais, l'interrompit Olivier, j'ai à peine vingt-trois ans et….
       - Ne dis pas que tu es trop jeune, le coupa l'oiseau. Tu devras bientôt prendre ton envol et aller au devant de tous ceux vers lesquels je t’enverrai afin de leur révéler ce que je t’ordonnerai.
       - Tu veux dire que je devrai quitter cette aire ? s'affola le jeune homme, en jetant des coups d'œil furtifs sur le nid qu'il devrait laisser derrière lui.
       Le grand Aigle le rassura et continua calmement à lui révéler ses desseins :
       - Ne crains pas, je suis avec toi. C’est toi qui prononceras mes paroles en te laissant guider par ma voix.
       - Moi ? Pourquoi moi ?
       - N'en rêvais-tu pas secrètement ? N'enviais-tu pas mes serviteurs lorsque du haut de ta falaise, tu les observais jeter leurs filets dans la mer ?
       - Oui mais je ne suis pas encore prêt ! objecta Olivier en regrettant ses ambitions secrètes.
       - Je connais tes pensées, je sonde ton cœur et je sais que tu es prêt…si tu attends d'être parfait pour te lancer, tu n'agiras jamais… j'ai décidé que le temps était venu de commencer…
       Face à ces arguments irréfutables, Olivier se résigna à écouter la suite sans broncher :
       - Tu vois, continua l'oiseau majestueux, aujourd’hui je te charge d'une mission qui concerne différents peuples des nations : tu auras à déraciner et à détruire, mais aussi à replanter et reconstruire. Prends garde à chacun de mes mots car je ne parle jamais en vain, jeune héraut ! Souviens-toi de ce que je te dis                  à cet instant, car ta mission se déroulera en plusieurs temps, et quoiqu’il advienne, n’oublie pas que tout vient de moi. C’est moi qui t’envoie et qui me servirai de toi pour accomplir ma volonté. Premièrement, tu devras déraciner et arracher et tu seras toi-même déraciné et arraché. Deuxièmement, tu renverseras, abattras et briseras et tu seras toi-même renversé, abattu et brisé. Troisièmement, tu amèneras un jugement divin qui amènera la mort et détruira et tu mourras à toi-même pour renaître en moi. Quatrièmement, tu renverseras et  précipiteras et tu seras toi-même renversé et précipité, mais je te relèverai. Cinquièmement, tu rebâtiras, tu établiras ton troupeau comme un père établit sa famille. Tu assureras ta suite et tu seras toi-même rétabli et édifié à maturité. Et finalement, tu planteras, établiras et fixeras pour dresser et étendre mon autorité et tu seras toi-même établi et implanté.

       Saisi de vertige, le jeune homme le regarda fixement, l'air affolé, comme si le sol venait de s'ébranler sous ses pieds et qu'il avait brusquement besoin de se raccrocher à une branche fidèle et solide. L'aigle l'enveloppa alors chaleureusement de son aile, et acheva ses intimes confidences en le rassurant à nouveau :
       - Ne crains rien, je serai avec toi. Ce qui est pour toi, aujourd’hui, un message mystérieux et inquiétant sera dans l’avenir un bien précieux, une parole d’encouragement, un ordre de mission qui s’accomplira au fil du temps.

       Olivier, complètement abasourdi, passa la nuit à réfléchir aux enjeux qui se dessinaient devant lui et c'est seulement à l'aube qu'il rejoignit Nymphéa pour lui partager toutes les mystérieuses révélations divulguées par le grand Aigle. La jeune femme accueillit la nouvelle comme si elle l'avait depuis longtemps pressentie ; et même si elle n'en saisissait pas toute la portée, elle scella la prophétie dans son cœur, tel un précieux trésor. Mais pas le temps de s'appesantir sur ces révélations ni d'essayer de les comprendre, car le grand Aigle vint à nouveau les retrouver dans leur aire et leur annonça :
       - Mes enfants, le temps des douceurs et du nid s’achève. Il vous faut désormais passer par l’épreuve afin de grandir et de vous fortifier. Vous ne pouvez demeurer toute votre vie sur ce sommet. Bientôt, il faudra vous envoler et marcher dans la vallée…

       Dans sa candeur, Nymphéa avait cru qu'elle échapperait à cet instant fatidique et qu'elle ne connaîtrait jamais l'adversité, mais c'était sans compter sur la réalité : ils ne pouvaient rester dans leur berceau duveteux et boire du nectar à perpétuité. Les ordres de mission qu'Olivier venait de recevoir étaient clairs et ne présageaient rien de facile pour l'avenir, il fallait s'y résoudre et prendre courage. Le mot "épreuve" ne cessait de résonner à leurs oreilles. Alors, passant presque tout leur temps en tête-à-tête avec l'oiseau royal, ils se préparèrent fébrilement aux changements. Celui-ci les remplit des forces et de la volonté nécessaires pour prendre un nouveau départ. Malgré l'appréhension de l'inconnu, le jeune couple débordait de bonnes intentions, de confiance en leur maître et d'enthousiasme. En réponse à l'appel du grand Aigle, Olivier avait prononcé : "Me voici, envoie-moi[6] ! " Il était désormais prêt à se jeter dans l'action, sans toutefois prendre pleinement conscience de tout ce qu'impliquerait sa mission qui devait commencer à l'école du Trine.

       - Fin de l'histoire pour aujourd'hui ! s'exclama alors brusquement grand-mère, en refermant son épais journal de bord.
       - S'il te plait, s'il te plait ! l'implora alors Maelys, curieuse de connaitre la suite.
       - La patience est une vertu que tu dois apprendre, jeune fille. Ton grand-père a attendu six longs mois pour vivre la suite de cette aventure, alors tu peux bien attendre demain pour découvrir le prochain chapitre !


[1] Lamartine, "Le lac", 1820.
[2] Termes hébreux signifiant "Homme et femme" et désignant Adam et Eve.
[3] Selon le Psaume 34.3-7.
[4] Terme grec désignant "la vie que Dieu nous donne", différente du bios et du psyche.
[5] Selon Jérémie 1.5-10.
[6] Selon Esaïe 6.8.